Rédigé par : Josée Masson
Révisé par : Maryse Bissonnette
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Donner une conférence TEDx faisait partie de ma Bucket List professionnelle depuis longtemps. J’ai regardé les conférences de Mel Robbins parler de courage, de Brené Brown aborder la vulnérabilité et de tant d’autres en me disant qu’un jour, peut-être…
Si ce jour est arrivé, c’est en grande partie grâce à Anne-Marie. Elle croyait en moi bien davantage que moi-même. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que cela se produit.
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Pour être honnête, le moment n’était pas idéal. Mon énergie était sollicitée de toutes parts, je me sentais fatiguée et ajouter un projet comme TEDxQuébec à l’équation ne me semblait pas nécessairement être la meilleure idée. Pourtant, avec le recul, je crois que certaines occasions arrivent justement quand nous ne nous sentons pas complètement prêts.
L’idée de ma conférence m’est banalement venue un soir en utilisant la dernière épice que m’avait donnée mon amie Francine avant sa mort. Ce petit geste ordinaire a tout ouvert. Cette épice est devenue un symbole : celui de ce qui reste et de ce que l’on continue à porter de toutes ces personnes qui habitent encore nos gestes quotidiens.
Depuis 30 ans, j’accompagne le deuil vécu par les autres. J’ai donné de nombreuses conférences et les entrevues médiatiques n’ont plus de secrets pour moi.

Et pourtant… la formule TEDx m’a obligé à rencontrer les miens, et même à les raconter et c’est là que résidait ma véritable zone d’inconfort. Pas la scène, pas le micro, mais le dévoilement. Parler, pour une fois, de ce qui a marqué ma propre vie que j’avais gardé en silence au fond de moi.
Ensuite, il faut aussi souligner que le cadre narratif de TEDxQuébec nécessite de travailler le fameux « par cœur », et c’était tout un défi ! Moi qui suis habituée à la spontanéité et à l’échange avec le public. Moi qui donne des conférences depuis 23 ans, j’ai dû apprendre à suivre chaque mot, chaque pause, chaque respiration.
Parlant de vulnérabilité, je dois avouer que j’ai eu un blanc lors de la pratique générale. Un vrai. Le genre de moment qui vous fait douter de tout et qui s’invite dans vos pensées au milieu de la nuit. Mon cœur a fait neufs bonds pendant que le temps semblait s’être complétement arrêté net. Ça m’a sincèrement déstabilisée pendant un bon moment.
Oui, ça m’est arrivé… malgré mon habitude de la scène, des salles remplies, des regards portés sur moi. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais profondément vulnérable.
Je ne voulais pas seulement livrer une conférence pour cocher ma Bucket List. Je voulais rendre justice à toutes les personnes qui vivent un deuil.
Je voulais que ce moment soit digne de leur histoire. Je ne voulais pas un moment parfait, mais un moment de partage. Vrai. Sincère. Authentique. Un moment où une vérité humaine pourrait en toucher une autre. Derrière les mots, il y avait au fond de moi une responsabilité, un élan du cœur propulsé par cette responsabilité que je porte depuis que j’ai choisi de consacrer ma vie à accompagner les jeunes, les adultes et les familles traversés par la souffrance.
Pendant des mois, la conférence TEDxQuébec a occupé mes journées et mes insomnies! J’ai repoussé des projets, des décisions et des dossiers entiers pour m’en occuper après l’événement. Puis le jour J est arrivé.
Chose étrange, je me souviens très bien de l’avant. Je me souviens aussi très bien de l’après. Mais le moment où j’étais sur scène, le pendant, c’est plus flou ! Je me souviens d’avoir eu la bouche sèche. Je me remémore l’immense soulagement d’avoir retrouvé mes mots. Je me rappelle l’émotion qui montait par moments. Mais les neuf minutes elles-mêmes ressemblent aujourd’hui à la durée d’un éclair dans une vie. Comme si tout ce travail, toutes ces répétitions, toutes ces nuits à revoir le texte dans ma tête avaient convergé vers un instant qui a traversé le temps plus vite que je ne pouvais le saisir.
Heureusement, il me reste la fierté. Celle d’avoir été présente. Celle de m’être rappelée. Celle d’avoir osé. Puis, quand ce fut terminé, j’ai vécu quelque chose d’inattendu : un grand vide. Toute cette énergie, cette tension et cette concentration ont soudainement disparu, alors que mon agenda, lui, continuait de déborder. Mais je n’y étais plus vraiment. J’ai eu besoin d’un moment pour revenir. Et parfois, je me demande encore si je suis complètement revenue.

Je suis fière d’avoir relevé ce défi. Fière d’avoir accepté de sortir de ma zone de confort. Fière surtout d’avoir pu donner une voix, pendant neuf courtes minutes, à une réalité qui touchera toujours chacun d’entre nous.
Aujourd’hui, j’espère que cette conférence contribuera, à sa façon, à changer le regard que nous portons collectivement sur le deuil. Je souhaite surtout que chacun pourra reconnaître sa propre dernière épice : cet objet, cette habitude, cette chanson, cette phrase ou ce souvenir qui nous relie encore à quelqu’un d’important.
Parce que le deuil vit dans les petites choses que nous continuons de porter avec nous et qu’il suffit d’une dernière épice pour nous rappeler que l’amour ne disparaît jamais et qu’il faut savoir être à ces rendez-vous.
REGARDER LA CONFÉRENCE DE JOSÉE MASSON
Personne accompagnatrice
Chaque personne faisant partie de notre programmation finale est encadrée pour bien se préparer à fouler la scène TEDxQuébec. En effet, une équipe de coachs bénévoles issu(e)s de milieux variés partagent leur expertise afin d’aider chaque personne à diffuser son message avec impact auprès du public. Cette collaboration est fondée sur la pierre angulaire de la vision TEDx : le partage des connaissances est ce qui permet de faire briller des idées qui méritent d’être entendues!

Ancien grand timide devenu coach en prise de parole, André a toujours vécu pour les histoires. En 2026, il a accompagné Josée à raconter la sienne avec impact afin de captiver l’auditoire grâce à un storytelling hors du commun qui a permis au public de plonger dans l’histoire de Josée.